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<title>Taiwan aujourd'hui - 
                    Une nouvelle dimension</title>
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<h2>Industrie</h2>
<h3>Une nouvelle dimension</h3>
<div class="photo"><img border="0" src="
							public/Data/22814571571.jpg"><p>Le Taiwanais Optoma est l’un des premiers à s’être lancés sur le marché des projecteurs 3D. (AIMABLE CRÉDIT D’OPTOMA)</p>
</div>
<p><em>Date de publication:1/1/2012<br>
				Auteur:Jason Tan</em></p>
<p><P class=a>Une spectatrice chausse ses lunettes à effets spéciaux, se cale confortablement dans son fauteuil et commence à visionner sur grand écran une histoire de guerriers à la peau bleue. Soudain, elle rentre la tête dans les épaules comme pour éviter la flèche qu’un des protagonistes semble avoir tirée dans sa direction. Bienvenue dans le monde des loisirs en trois dimensions (3D), l’une des tendances fortes du marché de l’électronique grand public ! Même si les films en relief ont fait leur apparition dans les années 50, la technologie n’a atteint sa maturité qu’avec l’énorme succès de l’année 2009, <I>Avatar</I>, pour lequel les spectateurs n’ont pas hésité à payer leur place de cinéma au prix fort pour le plaisir de faire l’expérience d’effets spéciaux 3D à couper le souffle sur grand écran. <I>Avatar</I>, de James Cameron, est finalement devenu le premier film à dépasser les 2 milliards de dollars américains de recettes dans le monde, grâce notamment à sa version 3D. Aujourd’hui, entreprises et instituts de recherche taiwanais travaillent à offrir les mêmes sensations aux spectateurs depuis leur salon et même sur leurs appareils portables. </P>
<P class=1>Depuis qu’<I>Avatar</I> a ranimé l’intérêt pour les images en relief à travers la planète, les ventes de projecteurs 3D ont décollé, dit Sherry Huang [黃敘諮], chef de projet chez le fabricant taiwanais de projecteurs Optoma. Les produits de sa société ont pour objectif de mettre l’expérience 3D à portée de main, explique-t-elle&nbsp;: il suffit pour cela de brancher son lecteur de DVD ou son ordinateur portable au projecteur qui enverra sur un mur ou un écran une large image 3D à regarder avec des lunettes spéciales. Les modèles les plus sophistiqués peuvent simuler l’effet 3D à partir de DVD conventionnels au format 2D – ce qui est, dit la responsable, une aubaine pour les fans de cinéma qui veulent revoir le meilleur de leur cinémathèque personnelle avec un œil neuf.</P>
<P class=1>Optoma s’est lancé sur le marché des projecteurs 3D pour les particuliers au premier trimestre 2010, indique Sherry Huang. A l’été 2011, la société tablait sur un doublement de ses commandes sur l’année par rapport à 2010. Cette année-là, elle avait exporté 600 000 projecteurs 3D. Etant donné la demande potentielle dans le secteur de l’éducation, dans celui des affaires et du <I>home theater</I>, les modèles d’Optoma sont en général désormais équipés de la fonction 3D.</P>
<P class=1>La technologie commence également à apparaître sur les téléviseurs, certains fabricants la proposant dans la version classique qui suppose l’utilisation de lunettes spéciales, d’autres optant pour des systèmes de lecture et de visualisation de l’image qui permettent de bénéficier de l’effet 3D sans accessoire. Les analystes de ce marché prédisent que, sur les deux ou trois années à venir, les téléviseurs 3D pour lesquels les lunettes sont nécessaires vont mieux se vendre que la version sans lunettes, car cette dernière est encore confrontée à des problèmes techniques de basse résolution et qu’elle oblige le spectateur à rester assis à une certaine distance et à un certain angle de l’écran pour que l’image en relief soit de qualité.</P>
<P class=1>La société taiwanaise AmTRAN Technology fabrique des téléviseurs à écran plat en ODM (<I>Original Design Manufacturer</I>) pour Vizio Inc., la plus grande marque de téléviseurs en Amérique du Nord, et dont la société taiwanaise est aussi actionnaire. Vizio a augmenté ses parts de marché en vendant des téléviseurs bien meilleur marché que ses principaux concurrents, Samsung Electronics et Sony. AmTRAN tablait sur une augmentation de 14% de ses exportations sur l’ensemble de l’année 2011, en visant 5 millions d’unités vendues, notamment grâce aux modèles de nouvelle génération offrant la technologie 3D. La société a dévoilé sa première série de téléviseurs 3D à Taiwan en juin dernier et son président Alpha Wu [吳春發] estimait que ceux-ci représenteraient 10% de ses ventes, soit 500 000 unités, sur l’année. <I>«&nbsp;Le prix élevé des téléviseurs 3D était par le passé le principal obstacle à leur popularisation&nbsp;»,</I> analyse le chef d’entreprise. Ceux de Vizio, 50% moins chers que les modèles des grandes marques, devraient donc faire un tabac.</P>
<P class=1>Des statistiques fournies par la société d’analyse marketing américaine IHS iSuppli révèlent pourquoi les fabricants taiwanais ont sauté dans le train de la 3D&nbsp;: selon un rapport publié en mai dernier, on estimait que les expéditions de téléviseurs 3D à travers le monde allaient augmenter de 463% en 2011 par rapport à l’année précédente pour atteindre 23,4 millions d’unités. IHS prédisait une poursuite de la tendance en 2012 avec une augmentation de 132% des expéditions par rapport à 2011, soit environ 54,2 millions d’unités. On devrait passer la barre des 100 millions de téléviseurs 3D d’ici 2014, puis frôler les 160 millions d’unités en 2015, extrapole la société d’analyse. </P>
<P class=1>Du point de vue de la répartition des parts de marché, iSuppli estimait que les téléviseurs 3D représenteraient 11% des expéditions mondiales d’appareils à écran plat en 2011 (contre 2% seulement en 2010) et que ce pourcentage doublerait en 2012. D’ici 2015, plus de la moitié des téléviseurs expédiés seront des modèles 3D, assure la société d’analyse. </P>
<P class=1>L’avènement de cette technologie tombe à point nommé pour les industriels du secteur, à une époque où la demande pour les téléviseurs à écran plat est moins forte, d’autant que les consommateurs sont de plus en plus nombreux à visionner des films sur leur ordinateur portable ou leur smartphone. Le cas d’AU Optronics (AUO), un fabricant taiwanais d’écrans pour téléviseurs, ordinateurs et smartphones, est révélateur de l’effet dynamisant de la 3D sur le marché des téléviseurs. Le ralentissement de la demande en téléviseurs à écran plat a incité AUO à réduire ses dépenses d’investissement de 30% cette année pour les ramener à 70 milliards de dollars taiwanais. La société n’en a pas pour autant réduit ses efforts de R&D dans les nouvelles technologies telles que la 3D, note cependant son vice-président Paul Peng [彭雙浪], car c’est une option qui peut tout à fait inciter les consommateurs à remplacer leur vieux téléviseur. Les écrans 3D devraient ainsi représenter environ 10% des ventes d’AUO pour l’année 2011. </P>
<P class=a0><b>Polarisation passive</b></P>
<P class=a1>Les ventes de lunettes spéciales se sont évidemment développées au même rythme que celles de téléviseurs 3D. On peut prendre l’exemple d’Actif Polarizers, une société à capitaux taiwanais dont les lignes de production sont situées à Xiamen, dans la province chinoise du Fujian, et qui fabrique des lunettes de soleil depuis des années. Ce n’est que vers la mi-2010 qu’elle a diversifié sa production pour fabriquer aussi des lunettes spéciales 3D. <I>«&nbsp;Nos principaux concurrents au Japon produisent soit la monture, soit les verres,</I> dit Yuko Wu [吳姿容], le directeur d’Actif. <I>Nous sommes les seuls à faire les deux et à assembler nous-mêmes le produit final.&nbsp;»</I></P>
<DIV class=photo><IMG alt="Une nouvelle dimension-1" src="/site/taiwanauj/public/MMO/aujourdhui%20images/f201201p20.jpg" MMOID="185825"><p>Aiptek a fait sensation  avec une caméra de  poche qui peut enregistrer en 2D et en 3D. (AIMABLE CRÉDIT D’AIPTEK INTERNATIONAL)</p></div>
<P class=1>La société, qui négocie des partenariats avec des entreprises chinoises du secteur de l’électroménager produisant des téléviseurs 3D, comme Haier et Hisense, s’attend à voir ses carnets de commandes s’étoffer dans la seconde moitié de 2012.</P>
<P class=1>Les lunettes 3D existent en deux versions&nbsp;: avec des verres actifs ou des verres passifs. Contrairement à ce que laisse supposer son nom, la société Actif Polarizers produit des lunettes avec verres passifs, c’est-à-dire dont un verre est polarisé dans un sens et l’autre dans le sens inverse pour créer l’effet 3D. Les lunettes actives fonctionnent différemment puisqu’elles intègrent un panneau LCD qui est synchronisé avec l’écran et qui envoie un signal infrarouge déclenchant l’obturation de l’un ou de l’autre verre alternativement afin de recréer l’effet 3D. Les lunettes passives sont évidemment moins coûteuses et moins difficiles à produire et aussi moins lourdes puisqu’elles ne contiennent aucun composant électronique, mais leur résolution est aussi plus faible que celle des lunettes actives. </P>
<P class=1>Pour iSuppli, Actif Polarizers a fait le bon choix en se concentrant sur les lunettes passives. Certes, explique la société d’analyse, les lunettes actives offrent actuellement une meilleure qualité d’image, mais la technologie alternative de film en relief baptisée FPR (<I>Film Patterned Retarder)</I> modifie la donne dans la mesure où elle peut être supportée par les téléviseurs de petite taille (jusqu’à 32 pouces) et être utilisée en association avec les lunettes passives, lesquelles sont nettement moins coûteuses et faciles à remplacer. D’ici 2015, prédit en conséquence iSuppli, les lunettes passives auront dépassé leurs concurrentes dites actives. </P>
<P class=1>Tout comme son rival sud-coréen LG Electronics, le fabricant taiwanais de smartphones HTC fait figure de pionnier en tentant d’apporter la 3D aux écrans des appareils portables. L’EVO 3D, le premier téléphone portable d’HTC présentant cette option, a été mis sur le marché au troisième trimestre 2011. Sa clientèle cible est celle utilisant son portable pour créer et consommer des contenus multimédia, explique Jack Tong [董俊良], le président d’HTC pour l’Asie du Nord.</P>
<P class=1>L’EVO 3D est équipé de deux objectifs qui permettent à l’utilisateur de produire des films et photos en relief. Lorsque le mode 3D est sélectionné, un dispositif se met en place au-dessus de l’écran qui donne deux images, l’une pour l’œil droit, l’autre pour l’œil gauche, afin de recréer une vision en relief, et ce sans lunettes. L’appareil peut être utilisé pour télécharger et visionner des films, des clips de YouTube et des jeux en 3D. Les journalistes spécialisés qui l’ont essayé ont attesté de l’effet saisissant des images qui semblent sortir de l’écran de l’EVO 3D. </P>
<P class=1>Malgré les efforts d’HTC et de LG, le concept du smartphone 3D en est encore à ses balbutiements&nbsp;: les prix sont élevés, la technologie encore perfectible et les contenus plutôt rares. Le coprésident de Taiwan Mobile, Cliff Lai [賴弦五], estime donc qu’ils ne devraient pas connaître un boom commercial significatif avant 2013. Jeng Tzuan-ren [鄭尊仁], le directeur des Laboratoires d’électronique et d’optoélectronique de l’Institut de recherche sur les technologies industrielles (ITRI), partage ce point de vue. </P>
<P class=1>Les smartphones d’HTC et de LG ne sont pas les seuls appareils mobiles à offrir la fonction de l’enregistrement vidéo en 3D. Il y a par exemple la caméra i2 d’Aiptek International (une société à capitaux taiwanais) qui existe aussi en version 3D. L’i2 a été présentée en juin dernier lors du Computex, le salon de l’informatique de Taipei. <I>« La 3D sera la tendance forte du secteur de l’image pour un certain temps, </I>insiste Julia Lin [林佳莉], en charge des relations publiques,<I> et c’est un domaine dans lequel Aiptek est présent depuis des années.&nbsp;»</I></P>
<P class=1>L’i2 peut être utilisée comme un appareil photo ou une caméra et donne la possibilité d’enregistrer des images en 2D ou en 3D, ou encore en haute définition. Elle est équipée d’un écran de visualisation de 3,2 pouces sur lequel on peut immédiatement visionner, sans lunettes, les images enregistrées en 3D. <I>«&nbsp;Les utilisateurs de la i2 d’Aiptek n’ont pas forcément encore acheté un téléviseur 3D, mais nous voulons leur donner le choix, </I>poursuit Julia Lin. <I>Pourquoi ne pas enregistrer des images en 3D aujourd’hui et les visionner plus tard, lorsque le téléviseur 3D se sera généralisé dans les foyers&nbsp;?&nbsp;»</I></P>
<P class=1>L’ITRI travaille aussi sur des technologies qui permettent aux sociétés taiwanaises de capitaliser sur les futures tendances de la 3D. Jeng Tzuan-ren mentionne ainsi une solution innovante développée par l’ITRI, connue sous le nom de i2/3DW et qui permet de visionner simultanément, sur le même écran, des contenus 3D et 2D. Avec cette solution, les utilisateurs peuvent visionner un film en 3D et bénéficier d’un texte d’accompagnement en 2D. </P>
<P class=a0><b>Oscars de l’innovation</b></P>
<P class=1>En juillet 2010, la technologie i2/3DW a remporté un des 100 prix décernés chaque année par <I>R&D Magazine</I>, aux Etats-Unis. On utilise souvent l’expression d’ «&nbsp;Oscars de l’innovation&nbsp;» en référence à ces prix attribués à une centaine de produits technologiques sélectionnés parmi un millier venant du monde entier.</P>
<P class=1>Jeng Tzuan-ren explique que l’ITRI discute en ce moment avec plusieurs fabricants d’écrans l’attribution d’une licence pour la technologie i2/3DW, mais que celle-ci ne devrait véritablement décoller que lorsque les contenus mêlant 2D et 3D seront disponibles en plus grandes quantités. Les entreprises taiwanaises maîtrisant cette technologie auront alors un avantage non négligeable sur leurs concurrentes.</P>
<P class=1>En fait, le manque de contenus 3D standards a incité certains acheteurs potentiels à différer l’achat de matériel équipé des fonctions 3D. L’ITRI s’est là aussi investi pour stimuler la création de contenus 3D. C’est ainsi que l’institut s’est associé à Pili International Multimedia, par exemple, pour aider celle-ci à produire la première vidéo en relief d’un spectacle de marionnettes traditionnelles. Le film de 15 minutes a été montré pour la première fois devant un public de fans au Centre des arts traditionnels d’Yilan le 15 juillet dernier. </P>
<P class=1>Pour l’avenir, la dernière technologie 3D développée par l’ITRI – un appareil de prévisualisation des vidéos 3D – devrait aider les producteurs de contenus en leur permettant de voir le résultat de leurs vidéos 3D durant le tournage, dit Jeng Tzuan-ren. Les réalisateurs auront alors un outil de plus pour les guider dans leur travail, en leur permettant de voir immédiatement l’effet que produisent les images qu’ils viennent de tourner. Cela devrait se traduire par une réduction significative des coûts de production. Par ailleurs, pour capitaliser sur la bonne réception qu’a obtenue le petit film de marionnettes réalisé en 3D avec Pili, l’ITRI discute maintenant avec cette même société de la production d’un long métrage d’une à deux heures utilisant la technologie.</P>
<P class=MsoNormal>Comme l’a démontré le succès d’<I>Avatar</I>, les consommateurs ne sont pas hostiles à l’idée de dépenser un peu plus pour un spectacle de haute qualité en 3D. Selon le magazine américain <I>Variety</I>, les films 3D ont rapporté 1,3 milliard de dollars en 2009, soit 10% des recettes en salle sur l’année. A Taiwan, entreprises et chercheurs veulent prendre leur part de ce gâteau en proposant du matériel et des contenus 3D de qualité,&nbsp;et les succès qu’ils ont obtenus avec d’autres appareils électroniques grand public comme les ordinateurs et les smartphones laissent augurer des meilleures perspectives.</P></p>
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