<?xml version="1.0"  encoding="utf-8" ?>
<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.01 Transitional//EN" "http://www.w3.org/TR/html4/loose.dtd">
<html xmlns:msxsl="urn:schemas-microsoft-com:xslt" xmlns:user="urn:user-namespace-here" xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">
<head>
<title>Taiwan aujourd'hui - 
                    L'Austronésie dans le miroir de l'art contemporain</title>
<meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=utf-8"/>
<meta name="Taiwan" content="Review"/>
<link rel="stylesheet" type="text/css" href="xslGip/2009_style_F/css/default.css"/>
<link rel="stylesheet" type="text/css" href="xslGip/2009_style_F/css/design.css"/>
<link rel="stylesheet" media="all" type="text/css" href="xslGip/2009_style_F/css/print.css"/>
</head>
<body>
<div class="wrap">
<table class="layout" summary="layout table">
<tr>
<td class="center">
<div class="accesskey">
<A href="accesskey.htm" title="Center block" accesskey="C">:::</A>
</div>
<div class="cp">
<h2>Expos / Musées / Festivals</h2>
<h3>L'Austronésie dans le miroir de l'art contemporain</h3>
<div class="photo"><img border="0" src="
							public/Data/8121158971.gif"><p>Alas, <I>A Ra Se</I>, 1987. Peinture sur tissu, 183 x 90 cm. <BR/>Collections du musée des Beaux-Arts de Kaohsiung. <BR/>AIMABLE CREDIT DU Musée des Beaux-Arts de Kaohsiung</p>
</div>
<p><em>Date de publication:1/11/2007<br>
				Auteur:Laurence Marcout</em></p>
<p><P><STRONG><I>&gt;&gt; </I>Une exposition au musée des Beaux-Arts de Kaohsiung explore ce que veut dire être artiste aujourd'hui dans le monde austronesien</STRONG></P>
<P><I>« D'où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? » </I>: trois questions universelles inspirées du titre d'une œuvre capitale de Gauguin, qui, pour le temps d'une passionnante ex position inaugurée le 20 octobre dernier au musée des Beaux-Arts de Kaohsiung, servent de trame à une réflexion sur l'état de l'art dans le Pacifique contemporain. <BR><BR>Mise sur pied avec la collaboration très active du Centre culturel Tjibaou, à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, qui a prêté les deux tiers des quelque 200 œuvres présentées, l'exposition a trois commissaires, l'historienne de l'art Susan Cochrane, de l'université du Queensland, en Australie, qui s'est spécialisée dans l'art aborigène et du Pacifique contemporain, Emmanuel Kasarhérou, le directeur du Centre culturel Tjibaou, et Lee Jun-shyan [李俊賢], le directeur du musée. Cette coopération inédite permet de mettre en regard les productions de Taiwan avec celles des îles du Pacifique Sud où ont été retrouvées des traces de connexions anciennes entre populations. </P>
<P>Ainsi que le rappelle et l'explique Peter Bellwood, de la faculté d'archéologie et d'anthropologie de l'Université nationale australienne, dans un article qui sert d'introduction à cette exposition, les populations qui, par vagues successives, ont colonisé cet immense espace géographique qu'on appelle aujourd'hui l'Austronésie sont originaires du continent asiatique. Les migrations se sont ensuite faites depuis Taiwan dans deux grandes di rections : vers le sud-est, à travers les îles du Pacifique (l'Insulinde, les îles mélanésiennes, micronésiennes et polynésiennes jusqu'à l'île de Pâques et la Nouvelle-Zélande), et vers l'ouest, jusqu'à Madagascar. </P>
<P>De nombreux travaux scientifiques se sont attachés à le prouver, grâce aux données apportées par l'archéologie, la biologie, la linguistique, etc., et cette quête des origines n'a pas fini de passionner des générations de chercheurs. Ce qui est nouveau est d'essayer de partir de cet héritage commun pour nouer des échanges culturels dans le présent. Pratiquement tous les ensembles du Pacifique Sud sont représentés dans cette exposition : Micronésie, Polynésie, Mélanésie... </P>
<P>Depuis une quinzaine d'années, les aborigènes de Taiwan s'efforcent de recouvrer une identité qui leur est propre, un combat d'abord politique et social qui leur a laissé peu de temps pour s'interroger sur la façon dont ils veulent être perçus. </P>
<P>Dans ce contexte, que signifie ici être un artiste aborigène ? A-t-on pour devoir de perpétuer les traditions culturelles de ses ancêtres, a-t-on le droit de les réinterpréter, de les nier, voire de les ignorer ? </P>
<DIV class=photo2><IMG alt="" src="/public/Attachment/81211583571.gif"> 
<P>Alas, <I>Pa Sa Gau,</I> 1986. Peinture sur tissu, 180 x 90 cm. Collections du musée des Beaux-Arts de Kaohsiung. AIMABLE CREDIT DU Musée des Beaux-Arts de Kaohsiung</P></DIV>
<P>Les commissaires n'ont pas voulu présenter l'« art contemporain » de ces îles dans l'acception occidentale réductrice qui s'est imposée dans le monde. <I>« En Australie et dans le Pacifique, </I>dit Susan Cochrane, <I>les artistes et les commissaires sont confrontés au dilemme du mode de représentation de l'art indigène dans des musées formatés à l'occidentale. » </I>Leur propos n'est pas non plus d'établir des convergences. Néanmoins, l'exposition permet d'observer comment les cultures dialoguent entre elles, comment l'étrange -&nbsp;ou l'étranger - se mêle au familier. </P>
<P>Le résultat est inévitablement hybride. On ne peut que constater que les eeeuvres tirées du fonds du Centre culturel Tjibaou ont dans l'ensemble davantage de force. Cela s'explique, sans doute, par le fait que l'institution a déjà une dizaine d'années d'existence, des moyens financiers importants et que ses collections -&nbsp;environ 600 œuvres - sont riches et diversifiées. L'autre élément d'explication est que la situation politique des populations concernées est plus claire - parce que l'autonomie ou l'indépendance est acquise -, qu'elles ne sont pas minoritaires comme à Taiwan, et, dans tous les cas, que la culture dominante n'est pas la même qu'ici... </P>
<P>D'un autre côté, remarque Emmanuel Kasarhérou, souvent, dans ces pays, les artistes ont immigré, et, loin de leur terre natale, <I>« ils reconstruisent leur culture rêvée ». </I>Ce travail de reconstruction contribue finalement à leur créativité. Quoi qu'il en soit, ils sont dans l'ensemble plus sûrs de leur art, et ils transcendent techniques et sujets traditionnels avec maîtrise. </P>
<P>Souvent, l'œuvre parle à celui qui la regarde d'un sujet difficile. Ainsi, le Néo-Calédonien Jean-Noël Méro entoure d'un nuage de fils barbelés sa sculpture de femme indigène aux seins nus, au pied de laquelle se dressent des serpents. <I>« Elle stagne, alors que tout autour d'elle, l'histoire avance », </I>dit l'artiste à son propos. </P>
<DIV class=photo2><IMG alt="" src="/public/Attachment/812115111271.gif"> 
<P>Luby, <I>Métamorphose du papillon,</I> 2006. Matériaux divers. <SPAN style="FONT-SIZE: 12pt; FONT-FAMILY: 新細明體; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-font-kerning: 1.0pt; mso-ansi-language: EN-US; mso-fareast-language: ZH-TW; mso-bidi-language: AR-SA">Œ</SPAN>uvre réalisée dans le cadre d'un projet d'artiste en résidence du musée des Beaux-Arts de Kaohsiung. AIMABLE CREDIT DU Musée des Beaux-Arts de Kaohsiung</P></DIV>
<P>Dans <I>Avec l'arrivée de la lumière, une taille adaptée pour tous </I>, une installation composée de croix noires plantées dans le sable, sur lesquelles sont drapées d'amples robes à fleurs colorées, Ellen Jose, du Vanuatu, fait le procès des missionnaires qui imposèrent leur puritanisme aux femmes indigènes, à l'ère victorienne. <BR><BR>En fait, c'est ce qui fait la richesse de l'exposition : chaque œuvre a une personnalité, et les thèmes, les techniques, les influences sont extrêmement divers. Un bouclier de guerrier en bois sur lequel un artiste anonyme de Papouasie-Nouvelle-Guinée a peint à l'acrylique le personnage de bande dessinée Phantom voisine ainsi avec le surprenant <I>Vierge à l'enfant </I>de Nanette Lea'ulu, des Samoa, qui représente un moustachu basané en marcel (son père), portant au creux du bras un enfant nu à la peau d'albâtre (son frère). Dans un coin de la salle, on peut admirer des tiges de bambou sur lesquels Stéphanie Wamytan, de Nouvelle-Calédonie, a esquissé des figures érotiques (une réflexion, dit-elle, sur <I>« le tabou du sexe dans les communautés océaniennes» </I>), et plus loin des tapa (peintures sur écorce ou tissu) des Fidji ou des Salomon. </P>
<P>Par contraste, en général, les eeeuvres faites à Taiwan sont moins « intellectuelles », elles sont rarement porteuses d'un « message » autre que celui de la préservation d'une culture en danger. Il peut d'ailleurs arriver que l'artisanat affleure sous le vernis artistique, mais c'est loin d'être la règle, et l'exposition réserve de belles surprises. </P>
<P>Il y a par exemple les portraits en pied qu'à réalisés Alas, un artiste de la tribu des Rukai, le représentant lui, ainsi que sa femme, en costume traditionnel de sa tribu. Il faut savoir que le médium de prédilection des Rukai est plutôt le bois ou la poterie, et qu'en l'occurrence, Alas s'est approprié une technique, la peinture sur tissu, et un format, le grand portrait des ancêtres, plutôt propres aux artistes chinois classiques. Le côté naïf de sa peinture rafraîchit singulièrement le genre. </P>
<DIV class=photo2><IMG alt="" src="/public/Attachment/812115113371.gif"> 
<P>Yolande Moto, <I>Traces de Beti, </I>1996. agrandissement d'un portrait photographique réalisé par Fritz Sarasin imprimé sur la toile et repeint par l'artiste, 168 x 86 cm. Collections du Centre culturel Tjibaou. AIMABLE CREDIT DU CEN TRE CULTUREL TJIBAOU </P></DIV>
<P>Citons aussi cette fascinante série de portraits photographiques de vieillards aborigènes signés par Wang Yu-pang [王有邦], lui-même d'ethnie chinoise, ou encore les très beaux bustes en bois sculptés par Pan A-chun [潘阿俊], un chef de village paiwan. </P>
<P>Dans les galeries et le splendide parc du musée ont aussi été installées les eeeuvres monumentales de plusieurs artistes aborigènes taiwanais utilisant le bois flotté, le rotin, le bambou ou encore le fer qui, peut-être plus que les autres, parviennent à franchir la frontière du « contemporain ». Le soir, les étranges lanternes organiques de Luby, une artiste de la tribu des Amis, habillent les frondaisons de chaudes lueurs qui raniment le lien avec la terre originelle. </P>
<P>Les passerelles sont assez nettes entre ces installations, aériennes, vivantes, et ce qui se fait ailleurs dans le monde austronésien d'aujourd'hui. Elles ne sont pas sans rappeler l'architecture étonnante des bâtiments du Centre culturel Tjibaou (une eeeuvre de l'Italien Renzo Piano). </P>
<P>Cette exposition, présentée comme un point de départ pour des échanges plus nourris entre cultures, a aussi pour mérite d'interpeller les plasticiens aborigènes taiwanais sur leur quasi-absence de la scène artistique tant insulaire qu'internationale. Aucune institution culturelle ne leur accorde ici, pour l'instant, d'autre place que celle donnée, il faut bien le dire, à un certain folklore. Autrement dit, revendiquer son identité aborigène condamne à un étiquetage « ethnique » qui n'est guère porteur de valeur. Là est la contradiction à surmonter pour les artistes aborigènes de l'île. ■</P></p>
<div class="related">
</div>
</div>
</td>
</tr>
</table>
</div>
</body>
</html>
