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<title>Taiwan aujourd'hui - 
                    Aider autrement</title>
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<h2>Social </h2>
<h3>Aider autrement</h3>
<div class="photo"><img border="0" src="
							public/Data/952012164571.jpg"><p>L’action caritative de Chiou Hsiang-hsun se caractérise par la simplicité des moyens mis en œuvre.</p>
</div>
<p><em>Date de publication:1/1/2009<br>
				Auteur:Chang Chiung-fang/PHOTOS DE LAN CHUN-HSIAO / TAIWAN PANORAMA</em></p>
<p><P><B>&gt;&gt; Qui a dit qu’il fallait attendre d’être à la retraite pour répandre le bien autour de soi&nbsp;? Créer une entreprise sociale n’est pas non plus la seule façon de contribuer à l’intérêt général. Trois exemples montrent que la créativité&nbsp;et la détermination peuvent faire des merveilles</B></P>
<P>Chiou Hsiang-hsun [邱相勳], 32 ans, travaille comme concepteur de logiciels. L’idée d’aider les enfants défavorisés lui est venue en mangeant un sandwich au 7-Eleven en bas de son bureau. Les magasins de proximité proposent souvent des programmes de fidélité qui permettent aux clients de gagner un petit gadget, une boisson ou un snack gratuit au bout d’un certain nombre d’achats. C’est ainsi que pour le 30<SUP>e</SUP> anniversaire de sa présence à Taiwan, 7-Eleven a organisé une campagne promotionnelle dans le cadre de laquelle les clients recevaient 1 point pour 30 dollars taiwanais dépensés. Avec 30 points, on pouvait choisir entre un beignet ou une boisson. Chiou Hsiang-hsun se dit que, tout seul, il n’arriverait sans doute pas à grand-chose et suggéra à ses collègues de mettre leurs points en commun pour organiser une petite fête au bureau. Après coup, il en vint à penser que cela n’avait pas beaucoup de sens de se gaver de beignets avec ses collègues. Pourquoi ne pas plutôt en faire profiter ceux qui en ont plus besoin qu’eux&nbsp;? Pourquoi pas des enfants défavorisés&nbsp;?</P>
<P class=MsoNormal><STRONG>La simplicité avant tout</STRONG></P>
<P class=MsoNormal>Il commença par envoyer des e-mails à ses collègues, qui répercutèrent l’appel aux dons sur plusieurs dizaines de blogs, dont certains plutôt connus du grand public comme «&nbsp;Mr. 6&nbsp;». Le quotidien <I>United Daily News</I> en a même parlé. Comme le film <I>Cape No.7 </I>qui a pulvérisé les records d’entrées, l’histoire a fait vibrer une corde sensible chez les Taiwanais. Chiou Hsiang-hsun, qui s’était au départ fixé l’objectif de 3 000 points, en avait récupéré 55 633 au bout de deux mois&nbsp;! </P>
<P class=MsoNormal>L’informaticien a eu l’intelligence de créer un blog pour y inscrire les dons qu’il recevait et permettre à tous de suivre les progrès du projet. Tous les soirs, après le bureau, il comptait les points qu’il avait reçus par la poste. <I>«&nbsp;Les femmes actives ont été particulièrement réactives, et c’est au bureau de l’Investigation du ministère de la Justice que j’ai enregistré le plus de soutiens.&nbsp;»</I> Il faut dire qu’un des membres de cette administration a relayé l’appel de Chiou Hsiang-hsun sur l’Intranet du ministère. Au bout du compte, ces dizaines de milliers de petits autocollants se sont transformés en 1 514 beignets qui ont été distribués à divers orphelinats et villages reculés. Une petite partie des points a été convertie en boîtes d’aliments pour animaux qui ont été données au refuge animalier de Bali, dans le district de Taipei. </P>
<P class=MsoNormal>L’aventure a été riche en rencontres touchantes. Par exemple, Chiou Hsiang-hsun se souvient avec émotion de l’accueil chaleureux que lui ont réservé les pensionnaires de l’Institut Huei-Ming pour les aveugles de Taichung. Et lorsqu’il s’est rendu à l’orphelinat Yikuang, dans le district de Taipei, il a fait la connaissance de Hu Kuang-yuan [胡光元] qui a remporté une médaille d’or aux Jeux olympiques spéciaux d’été en 2007. </P>
<P class=MsoNormal>Chiou Hsiang-hsun aurait pu collecter bien plus de points, mais un jour quelqu’un lui fit remarquer que malgré toutes ses bonnes intentions, sa façon de procéder était illégale. En effet, pour prévenir les fraudes, la loi interdit de collecter des dons en son propre nom. Ainsi donc, en essayant de faire le bien, il s’était mis hors-la-loi…</P>
<P class=MsoNormal><STRONG>Des idées par milliers</STRONG></P>
<P class=MsoNormal>Mais cette histoire de points et de beignets n’est qu’une initiative parmi bien d’autres. Le jeune homme passe ses week-ends et ses jours de congé à faire du bénévolat.<I> «&nbsp;Peut-être ai-je pris cette habitude à mon précédent poste</I>&nbsp;», explique-t-il en racontant qu’il a travaillé pour Yahoo! Taiwan, et que la société accorde une journée par mois à ceux de ses employés qui s’impliquent dans des projets d’entraide. Avec ses collègues, il a par exemple passé une journée dans une école élémentaire perdue dans la campagne de Pingxi, dans le district de Taipei, à jouer avec les enfants. Petit à petit, le bénévolat est devenu une habitude. </P>
<P class=MsoNormal>Au travail, son bureau a pris l’apparence d’une sorte de plate-forme de recyclage. Il reverse à l’organisation caritative World Vision les petites sommes qu’il obtient en échange des bouteilles et papiers à recycler qu’il rassemble – de quoi financer l’éducation d’un enfant défavorisé. Avec plusieurs amis, il a monté un site Internet basé sur les principes du commerce équitable, et sur lequel les femmes aborigènes peuvent vendre leur production artisanale. </P>
<P class=MsoNormal>Chiou Hsiang-hsun est constamment à la recherche d’une nouvelle façon d’aider son prochain, le plus simplement possible. Actuellement, il travaille à un nouveau concept qui consiste à offrir une heure de services – ménage, petits travaux de réparation, courses, par exemple – pour chaque millier de dollars taiwanais versé à World Vision. Il reste maintenant à voir si l’idée va prendre dans le public. </P>
<P class=MsoNormal>
<DIV class=photo2><STRONG><IMG alt="AIDER AUTREMENT " src="http://www.gio.gov.tw/info/nation/fr/fcr97/2009/01/p17-20_img_1.jpg" border=0> </STRONG>
<P>Wu Tzu-yu a acheté 3 t de café dans le cadre d’un projet d’aide aux planteurs de Sumatra. Du café pour l’éternité </P></DIV>
<P class=MsoNormal><STRONG>Du café&nbsp;pour l’éternité</STRONG></P>
<P class=MsoNormal>Portant un regard circulaire sur les 90 sacs de café (3 t de grains&nbsp;!) qui encombrent son appartement, Wu Tzu-yu [吳子鈺] est empli d’émotions contradictoires. <I>«&nbsp;Il y a un an, ça n’était qu’un sujet de conversation, mais aujourd’hui ils sont bien là, ces sacs marqués “Rainforest Coffee”&nbsp;!&nbsp;»</I> Le sentiment d’accomplissement qui perce dans sa voix est mêlé d’une certaine frustration&nbsp;: d’un côté, il a réussi à mettre son projet à exécution, mais de l’autre, ces monceaux de grains odorants sont aussi là pour lui rappeler qu’il a encore du travail pour transformer l’essai…</P>
<P class=MsoNormal>Ce café, de l’arabica de la meilleure qualité, il n’aurait pas assez de 100 vies pour le boire tout seul, comme il le dit lui-même. Il l’a acheté l’été dernier directement aux producteurs indonésiens, à un prix supérieur de 3 à 5% aux cours alors en vigueur. </P>
<P class=MsoNormal>Wu Tzu-yu, 36 ans, a de grands yeux surmontés d’épais sourcils et une longue queue de cheval – il a cessé de se couper les cheveux en signe de deuil après le tremblement de terre du 21 septembre 1999 qui a sévèrement touché son village de Dongshi, dans le district de Yunlin. Il a d’ailleurs participé aux travaux de reconstruction pendant assez longtemps. Plus tard, après le tsunami du 26 décembre 2004, il s’est rendu à Aceh, sur l’île de Sumatra, en Indonésie, en compagnie de plusieurs figures de mouvements d’entraide taiwanais – comme l’architecte Hsieh Ying-jun [謝英俊] et Su Shih-wei [蘇時偉], le directeur du Centre des affaires communautaires de la chaîne bouddhique Ta Ai. C’est à cet endroit que se trouvait l’épicentre du séisme qui déclencha le tsunami, et les cicatrices laissées par le cataclysme y sont donc particulièrement profondes. Ce voyage lui donna envie d’en savoir plus sur l’Indonésie. </P>
<P class=MsoNormal>Wu Tzu-yu a appris que ce pays produit 350 000 t de café par an, ce qui en fait le 4<SUP>e</SUP> producteur du monde&nbsp;; que 2 millions d’hectares de forêts primaires disparaissent chaque année à Sumatra&nbsp;; et qu’il faudrait la surface de 29 Taiwan pour produire les ressources naturelles que l’île consomme… Armé de ces connaissances, il a décidé de faire quelque chose. </P>
<P class=MsoNormal>Un de ses professeurs, Yu Yue-hwa [於幼華], qui enseigne à l’Institut supérieur d’ingénierie environnementale de l’Université nationale de Taiwan, à Taipei, l’aida à élaborer un plan de développement durable pour Bakkara, un village du nord de Sumatra. C’est ainsi qu’il en arriva à décider de vendre du café provenant de cette région.</P>
<P class=MsoNormal><I>«&nbsp;Si on ne réfléchit pas aux causes profondes des événements et qu’on ne procède pas humblement à une introspection, l’empathie et la compréhension nécessaires à l’action ne sont pas possibles&nbsp;», </I>dit-il avec philosophie. </P>
<P class=MsoNormal>Actuellement, pratiquement tout le café issu du&nbsp;commerce équitable qui est commercialisé à Taiwan a été acheté auprès d’intermédiaires occidentaux disposant d’une licence spécifique. Wu Tzu-yu a pour sa part décidé de se fournir directement auprès des planteurs indonésiens. Pour trouver les fonds nécessaires à son projet, il a envoyé des e-mails à ses amis, leur demandant de retransmettre son appel à leurs propres réseaux. Il espérait trouver 400 clients réguliers qui s’engagent à acheter une livre de café par mois pendant deux ans. En décembre 2007, il s’est rendu à Takongon, dans la province d’Aceh, pour visiter les plantations. En juin 2008, il a acheté 3 t de café pour 800 000 dollars taiwanais. Malgré tous ses efforts, à l’automne dernier, il n’avait qu’une vingtaine de clients.</P>
<P class=MsoNormal><I>«&nbsp;Rainforest Coffee est devenu une entreprise sociale dont les bénéfices vont aux planteurs plutôt qu’aux actionnaires</I>&nbsp;<I>»,</I> dit Wu Tzu-yu qui insiste sur la transparence totale tant des transactions que de l’utilisation des profits réalisés sur les ventes. L’étape suivante consiste à exploiter ces bénéfices pour protéger ou restaurer les forêts primaires. En juin, Wu Tzu-yu a signé un accord avec le président du département de Biologie de l’Université du Nord de Sumatra, par lequel il finance un programme de recherche sur la protection des forêts de l’île et la réalisation d’une base de données, à raison de 7 500 dollars américains pour un professeur et cinq étudiants. Etant donné les problèmes de trésorerie entraînés par le manque de clients pour son café, Wu Tzu-yu a dû accepter l’aide de Yu Yue-hwa pour pouvoir verser cette aide financière. </P>
<P class=MsoNormal><I>«&nbsp;J’espère sincèrement que leur travail permettra d’alléger la pauvreté en Indonésie</I>&nbsp;<I>», </I>dit-il avec conviction. Il admet qu’il y a <I>«&nbsp;quelque chose de très romantique, voire une part de fantasme&nbsp;»</I> dans sa démarche, mais il veut croire en son rêve. Même si une vingtaine de personnes seulement ont répondu à son appel jusqu’ici, il leur est profondément reconnaissant.<I> «&nbsp;C’est aussi pour eux que je veux atteindre mon but</I>&nbsp;<I>», </I>conclut-il.</P>
<P class=MsoNormal>
<DIV class=photo2><STRONG><IMG alt="AIDER AUTREMENT " src="http://www.gio.gov.tw/info/nation/fr/fcr97/2009/01/p17-20_img_2.jpg" border=0>&nbsp;</STRONG></DIV>
<P>Kao Chih-hao a monté un site Internet sur lesquels lui et ses amis postent des vidéos pédagogiques destinées aux collégiens. </P>
<P class=MsoNormal><STRONG>Apprendre pour s’amuser</STRONG></P>
<P class=MsoNormal>Kao Chih-hao [高至豪] est diplômé en physique de l’Université nationale de Taiwan (NTU). Son nom, plutôt bien choisi, signifie «&nbsp;grandes ambitions&nbsp;»… A 28 ans seulement, il a depuis longtemps résolu de faire de grandes choses. Il est notamment le fondateur de FunLearn, un site Internet qui propose des vidéos pédagogiques gratuites. Amateur de musique, il met sa discothèque sur un site de partage en ligne, wretch.cc, depuis plusieurs années.</P>
<P class=MsoNormal>Les étudiants de la NTU – l’université la plus prestigieuse de l’île – n’ont en général pas de mal à se faire de l’argent de poche en donnant des cours du soir. Kao Chih-hao est passé par là lui aussi, et un jour, il a eu une révélation&nbsp;: pourquoi ne pas aider les enfants qui viennent de familles défavorisées en créant un site sur le modèle de TeacherTube.com, aux Etats-Unis&nbsp;?</P>
<P class=MsoNormal>En avril 2007, avec trois amis, il a acheté une caméra numérique et commencé à réaliser de courtes vidéos pédagogiques. Les quatre amis ont choisi leurs sujets parmi les parties du programme de math et de sciences que les élèves de collège et de lycée trouvent les plus difficiles&nbsp;: probabilités, inégalités, séries, équations linéaires à deux inconnues, thermodynamique, mécanique des fluides… Les vidéos, de 10 à 20 mn chacune, se sont accumulées. Les cours sont faits de façon vivante, ce qui permet aux élèves en difficulté de dépasser leurs blocages. </P>
<P class=MsoNormal>Le site FunLearn a beaucoup de succès et enregistre entre 1&nbsp;000 et 2 000 visites par jour. En octobre dernier, le compteur avait atteint 750 000 pages vues. L’efficacité des outils pédagogiques qui y sont disponibles se mesure aux commentaires enthousiastes postés par les utilisateurs. </P>
<P class=MsoNormal>Bien sûr, le manque d’interaction immédiate est un obstacle, d’autant plus que les «&nbsp;professeurs&nbsp;» sont tous des bénévoles qui interviennent sur leurs temps de loisirs. Kao Chih-hao dit que FunLearn n’a pas pour vocation de se substituer à l’école. Lorsque les élèves rencontrent une difficulté particulière, il leur est conseillé de s’adresser à leurs enseignants ou de poster des questions sur un forum Internet. Il se trouvera toujours quelqu’un pour leur apporter une réponse.</P>
<P class=MsoNormal>Actuellement, FunLearn est riche d’une centaine de vidéos, mais son contenu est encore incomplet. Kao estime qu’il faudra encore deux ans pour couvrir l’ensemble du programme de collège et de lycée en mathématiques et en sciences. D’ici là, il espère que de nouveaux bénévoles se présenteront.</P>
<P class=MsoNormal><I>«&nbsp;Nous souhaitons créer une plate-forme d’enseignement audiovisuel gratuit qui permette aux enseignants de déployer toute leur créativité.&nbsp;» </I>L’équipe de FunLearn est composée d’une dizaine d’instructeurs, dont quelques enseignants de NTU et d’autres travaillant dans des écoles du soir. L’étape suivante consistera à créer un nouveau site du type YouTube, plus facile à alimenter et à consulter.</P>
<P class=MsoNormal>L’année dernière, Kao Chih-hao a présenté FunLearn au Concours des start-up sociales organisé par Flow. Son dossier a été rejeté parce que le site ne génère pas de revenus. La mauvaise nouvelle n’a pas affecté son fondateur qui s’identifie avec les idéaux de Flow.</P>
<P class=MsoNormal><I>«&nbsp;Le désir de partager est inné chez les humains&nbsp;»,</I> dit-il. Partager ne nuit pas à celui qui donne, et en plus, cela lui permet de se faire des amis. L’échange est plus bénéfique que le don car il fonctionne dans les deux sens. <I>«&nbsp;Si ça marche pour YouTube, pourquoi pas pour FunLearn&nbsp;?&nbsp;» </I><STRONG>■</STRONG></P></p>
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