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<title>Taiwan aujourd'hui - 
                    Vocation : soigner</title>
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<h2>Autres</h2>
<h3>Vocation : soigner</h3>
<div class="photo"><img border="0" src="
							public/Data/01271623571.jpg"><p>Lin Chin-lon, le directeur de la Mission médicale de la fondation Tzu Chi, examine un jeune garçon au Myanmar, en mai 2008, lors d’une mission humanitaire auprès des victimes d’un cyclone destructeur.</p>
</div>
<p><em>Date de publication:1/1/2010<br>
				Auteur:Kelly Her, PHOTOS AIMABLEMENT FOURNIES PAR LA FONDATION TZU CHI</em></p>
<p>Ce jour de 1966, la Vénérable Cheng Yen [證嚴] rend visite à une amie hospitalisée à Hualien, sur la côte est de Taiwan. Sur le sol d’un couloir de l’hôpital, une mare de sang. Celui, lui dit-on, d’une aborigène ayant fait une fausse couche mais à qui on a refusé les soins car elle ne peut avancer la somme exigée pour couvrir les frais d’hospitalisation. A l’époque, les services hospitaliers sont peu développés et la couverture sociale inexistante. Profondément affectée par la détresse de cette femme, Cheng Yen établit la même année la Fondation Tzu Chi de la compassion bouddhique et du secours. 
<P>Aussitôt, elle mobilise médecins et infirmières de la région pour offrir des services de santé aux pauvres, à Hualien et Taitung. En 1972, elle ouvre un dispensaire où ceux-ci peuvent se faire soigner gratuitement. Maladie et pauvreté forment un cercle vicieux, constate-t-elle, et des affections bénignes peuvent se révéler mortelles si elles ne sont pas traitées à temps, un problème alors particulièrement aigu dans certaines régions reculées de la côte est de l’île, où les équipes médicales ne peuvent accéder à temps. 
<P>En 1979, Cheng Yen décide de construire un hôpital. Les difficultés ne manquent pas – acquisition du terrain, levée des fonds, recrutement du personnel médical – mais le premier Hôpital général bouddhique Tzu Chi ouvre finalement ses portes en 1986, à Hualien. 
<P><STRONG>Un cœur de bodhisattva</STRONG> 
<P>Depuis près de 40 ans, la fondation Tzu Chi se consacre à quatre missions principales&nbsp;: la charité, la médecine, l’éducation et la diffusion d’une culture humaniste. Elle offre une aide matérielle, psychologique et éducative à ceux qui en ont besoin, protège l’environnement et porte secours aux victimes de catastrophes naturelles à travers le monde. 
<P>La fondation cherche aussi à promouvoir le bénévolat et à inspirer la compassion et la bonté, tant chez ceux qui prodiguent l’aide que chez ceux qui en bénéficient. En travaillant à améliorer la société plutôt que de se concentrer sur la quête personnelle de l’illumination, les membres de Tzu Chi s’efforcent de mettre en pratique un «&nbsp;<EM>bouddhisme socialement engagé</EM>&nbsp;». 
<P>La souffrance liée à la maladie est la plus intolérable de toutes, estime Lin Chin-lon [林俊龍], le directeur de la Mission médicale au sein de la fondation. L’un des principes de Tzu Chi, ajoute-t-il, est de considérer que la maladie amène non seulement la douleur mais également la pauvreté, raison pour laquelle la fondation s’emploie à mettre des soins de qualité à la portée de tous. 
<P>Le personnel soignant de Tzu Chi, explique Lin Chin-lon, est guidé par quatre principes bouddhiques : bonté, compassion, joie et générosité. «<EM>&nbsp;Avec un cœur de bodhisattva, en faisant preuve d’amour et de compassion, les praticiens s’efforcent de perfectionner leur art, de mieux prendre en charge les patients et d’atténuer leurs souffrances.</EM>&nbsp;» 
<P>«&nbsp;<EM>La pratique médicale comporte deux dimensions</EM>, poursuit-il. <EM>D’une part, la compétence professionnelle pour diagnostiquer et traiter les maladies. D’autre part, l’attitude envers les patients. Du point de vue académique, les hôpitaux Tzu Chi ne diffèrent guère des autres établissements, mais ils se distinguent par leur quête permanente d’une médecine humaniste – qui place le patient au centre, respecte la vie et établit un lien émotionnel entre les docteurs et leurs patients.</EM>&nbsp;» 
<P><STRONG>Soin holistique</STRONG> 
<P>La médecine humaniste, précise Lin Chin-lon, ne traite pas seulement le corps, mais également l’esprit. Le diagnostic et le traitement des affections font l’objet d’une approche pluridisciplinaire. Dans cette perspective, on cherche à accélérer la guérison en tissant des liens avec les patients, et en faisant preuve d’empathie, de patience et de compassion. 
<P>
<DIV class=photo>&nbsp;<IMG alt="Vocation : soigner-1" src="/site/taiwanauj/public/MMO/aujourdhui%20images/f201001p14.jpg" MMOID="92895"> 
<P class=MsoNormal>Août 2009. La fondation Tzu Chi offre des soins dentaires gratuits lors d’un rassemblement du Corps des bénévoles médicaux, à Los Angeles,  aux Etats-Unis.</P></DIV>
<P>Aujourd’hui, poursuit-il, la course aux avancées technologiques nécessite des investissements considérables en équipements de pointe, ce qui prive les établissements de moyens pour répondre aux besoins des malades. Ces derniers se plaignent de devoir multiplier les rendez-vous à l’hôpital pour effectuer des examens, puis pour en obtenir le résultat. 
<P>Tout comme d’autres hôpitaux de l’île, l’hôpital général Tzu Chi de Hualien fait son possible pour éviter de tels tracas. Par exemple, il est possible d’y effectuer en une seule matinée prise de sang, radio, scanner et électrocardiogramme, pour obtenir les résultats en un temps record. Ce type de service, qui évite des déplacements inutiles et onéreux, dit Lin Chin-lon, est très apprécié des habitants aborigènes des villages de montagne. Autre exemple d’adaptation aux besoins des patients, l’antenne de l’hôpital Tzu Chi de Yuli, dans le district de Hualien, commence ses consultations dès 6h du matin, un horaire qui convient mieux aux nombreux agriculteurs des environs. De plus, l’hôpital assure des visites au domicile des patients à mobilité réduite. Celles-ci ne se limitent pas aux consultations mais permettent aussi d’aider au ménage si besoin. 
<P><STRONG>Bien traiter les patients</STRONG> 
<P>Wu Yao-kuang [吳耀光], un pneumologue de l’hôpital Tzu Chi à Taipei, raconte que ce qui l’a le plus impressionné lorsqu’il a commencé à travailler à Tzu Chi il y a trois ans, est l’accent mis sur l’humanisme plutôt que sur la maîtrise des coûts, laquelle était la priorité absolue dans l’établissement où il exerçait précédemment. S’il se déclare agnostique, Wu Yao-kuang dit partager les idéaux de la Vénérable Cheng Yen, y compris sa conception d’une médecine tournée vers le patient plutôt qu’à la gloire des médecins. Cela l’encourage à donner le meilleur de lui-même, confie-t-il, un sentiment renforcé par la présence autour de lui de nombreux bénévoles. 
<P>Après le tremblement de terre qui a ravagé la province du Sichuan, en Chine, le 12 mai 2008, le pneumologue a été envoyé sur place avec d’autres membres de l’équipe médicale de l’hôpital pour porter secours aux victimes. A vrai dire, il n’a pas eu le choix mais il s’est senti après coup très reconnaissant d’avoir pu être associé à cet élan de générosité. 
<P>Cette expérience l’a amené à reconsidérer sa relation avec les patients. «&nbsp;<EM>Celle-ci peut s’avérer méfiante et tendue,</EM> reconnaît-il, <EM>mais à Tzu Chi nous nous efforçons de prêter une attention sincère à ce que vivent les malades et de leur assurer une prise en charge physique, émotionnelle et spirituelle adéquate.</EM>&nbsp;» 
<P>Wang Ying-kuan [王螢寬], infirmière-chef à Taipei, a d’abord travaillé au siège de la fondation, à partir de 1987. «&nbsp;<EM>Au départ, il s’agissait d’un contrat de deux ans, mais j’y suis restée et voilà maintenant plus de 20 ans que je travaille pour Tzu Chi. Etre infirmière, c’est se mettre au service des patients.</EM>&nbsp;» 
<P>Issue d’une famille bouddhiste, Wang Ying-kuan pratique peu. Les paroles de sagesse de la Vénérable Cheng Yen l’ont pourtant profondément inspirée. Elle a appris à nouer de bonnes relations avec les malades et leurs familles, ce qui, dit-elle, lui permet de créer «&nbsp;<EM>un karma favorable&nbsp;». «&nbsp;J’ai compris comment appliquer les préceptes de la Vénérable Cheng Yen dans ma vie personnelle et professionnelle. Ceux-ci me guident au milieu de nombreuses difficultés.</EM>&nbsp;» 
<P>Travailler pour Tzu Chi l’a rendue plus tolérante et ouverte aux autres, affirme-t-elle. Elle note également qu’en plus de s’être formée à de nouvelles techniques médicales, elle a appris à aborder les différentes étapes de la vie – naissance, vieillissement, maladie et mort – avec davantage de sérénité. 
<P>L’hôpital général Tzu Chi se distingue aussi par la place prise par les bénévoles dans l’organisation des soins, souligne Lin Chin-lon. Ce système de volontariat est aussi ancien que la fondation. «&nbsp;<EM>Pour le personnel médical, les bénévoles sont de véritables partenaires, en qui les patients et leurs familles peuvent également avoir toute confiance, ajoute-t-il. C’est grâce à leur participation active et à leur enthousiasme que nos hôpitaux parviennent à une telle qualité de soins.</EM>&nbsp;» 
<P>L’hôpital de Hualien, par exemple, a recours chaque jour à environ 200 bénévoles. Chacun d’entre eux suit une formation initiale en infirmerie et psychologie, d’une durée de six mois, puis bénéficie d’une formation continue. 
<P>Qui plus est, Tzu Chi intervient dans différentes localités pour promouvoir la santé à une échelle plus large, assurant consultations, bilans de santé, actions de prévention, visites au domicile de personnes âgées ou isolées, ou encore soins aux patients souffrant de maladies chroniques, de manière à désengorger les hôpitaux. Dans le cadre de ce programme, chaque équipe est constituée de médecins, d’infirmières, de pharmaciens, de diététiciens, de travailleurs sociaux et de bénévoles. 
<P>Tseng Mei-yu [曾美玉], qui a 55 ans, est bénévole depuis 1992 à l’hôpital Tzu Chi de Taipei. Préretraitée, elle était auparavant infirmière à l’hôpital général Tri-Service, à Taipei. Elle se consacre désormais entièrement au bénévolat. En plus de son engagement ici, elle a aussi participé à des missions de la fondation en Chine, en Indonésie et en Thaïlande. 
<P><STRONG>Nouvelle attitude</STRONG> 
<P>«&nbsp;<EM>Après avoir travaillé comme infirmière pendant 30 ans, j’étais à bout, confie-t-elle. La vue des files d’attente lors des consultations me déprimait et je suis peu à peu devenue insensible aux préoccupations des patients. Mais après être entrée en contact avec la fondation Tzu Chi et avoir suivi l’enseignement de la Vénérable Cheng Yen, j’ai pu redonner du sens à mon métier. J’ai réalisé que je n’avais pas le droit d’ajouter, par mon attitude, à la souffrance de malades déjà atteints dans leur chair.</EM>&nbsp;» 
<P>
<DIV class=photo>&nbsp;<IMG alt="Vocation : soigner-2" src="/site/taiwanauj/public/MMO/aujourdhui%20images/f201001p15.jpg" MMOID="92897"> 
<P class=MsoNormal>Des étudiants de l’Université Tzu Chi participent à une cérémonie funéraire en l’honneur d’un patient ayant fait don de son corps à la science.</P></DIV>
<P>Depuis, plus Tseng Mei-yu s’investit dans cette mission, plus elle se sent sereine. «&nbsp;<EM>Avant, je me comparais aux autres et me préoccupais surtout de ma situation matérielle. Maintenant, en rendant service aux autres, je suis pleinement épanouie&nbsp;!</EM>&nbsp;» 
<P>En plus de celui de Hualien, la fondation compte cinq hôpitaux, à Yuli, dans le district de Hualien, à Guanshan,&nbsp;dans le district de Taitung, à Dalin, dans le district de Chiayi, à Xindian, dans le district de Taipei, et à Tanzi, dans celui de Taichung, qui assurent un maillage de l’île. Ensemble, ces établissements comptent 2 900 lits et emploient plus de 4 800 personnes. 
<P>Une des tendances actuelles pour le monde hospitalier est de satisfaire aux standards de l’Organisation internationale de normalisation (ISO), qui guident les établissements dans la mise en place de systèmes de gestion de la qualité faisant l’objet d’une vigilance continue. L’hôpital général Tzu Chi de Hualien a obtenu en 2000 la certification ISO 9002, puis la certification ISO 9001 l’année suivante. L’établissement est de plus le seul à l’est de l’île à être reconnu par la Commission mixte d’accréditation hospitalière de Taiwan et toutes ses antennes ont depuis reçu la certification ISO 9001. 
<P>L’un des défis principaux auquel Tzu Chi est confrontée, admet Lin Chin-lon, est celui du recrutement, en particulier pour ses établissements de la côte est où peu de jeunes médecins ou infirmières sont prêts à exercer. C’est ce qui a poussé la fondation à ouvrir en 1994 à Hualien sa propre université. 
<P><STRONG>Le don au service de l’excellence</STRONG> 
<P>L’Université Tzu Chi met l’accent sur le caractère raisonné de la décision médicale, ce qu’on appelle aussi médecine factuelle, ainsi que sur sa dimension humaniste. Elle aborde également les questions éthiques relatives aux droits de la personne malade, à la relation médecin-patient et aux alternatives pour les patients en phase terminale, entre autres. Le programme le plus significatif, avance Lin Chin-lon, est celui baptisé Grand corps, qui est destiné à encourager les dons de corps à la science. La dissection humaine est incluse dans la formation des étudiants depuis la troisième année de médecine, en cours d’anatomie, jusqu’en sixième année, où elle sert à l’apprentissage des actes chirurgicaux. Elle est également pratiquée par les chirurgiens des hôpitaux du groupe à des fins de perfectionnement. 
<P>
<DIV class=photo>&nbsp;<IMG alt="Vocation : soigner-3" src="/site/taiwanauj/public/MMO/aujourdhui%20images/f201001p168.jpg" MMOID="92954"> 
<P class=MsoNormal>Soins à domicile assurés par une infirmière, assistée d’une bénévole.</P></DIV>
<P>«&nbsp;<EM>La vie est imprévisible et trouve aussi une utilité au moment où l’on meurt. Nous devrions faire bon usage de notre corps de manière à illustrer le sens de la vie</EM>&nbsp;», dit la Vénérable Cheng Yen, qui a commencé à encourager ce type de don en 1995. Au mois d’octobre 2009, 25 700 Taiwanais avaient ainsi fait part de leur volonté de donner leur corps après leur mort. La fondation leur garantit que les étudiants participeront aux rites funéraires avant de procéder à la dissection. Ces derniers sont même invités à rendre visite à la famille des donneurs. 
<P>«&nbsp;<EM>Les médecins sont des bodhisattvas</EM>, disait un donneur, Li He-zhen [李鶴振], avant de décéder. <EM>Futurs médecins, je vous donne mon corps pour que vous puissiez vous entraîner. Sur lui, vous pouvez faire autant d’erreurs que vous voulez, mais n’en commettez pas sur un patient&nbsp;!</EM>&nbsp;» 
<P>Malgré l’accent porté sur les soins, la recherche n’est pas oubliée pour autant et Lin Chin-lon souligne les efforts consacrés par la fondation à la mise au point de nouveaux traitements et au développement de services médicaux du futur, à l’aide d’équipements de pointe. Tzu Chi a ainsi établi plusieurs centres de recherche consacrés à la prévention des cancers, aux essais cliniques, à la génétique, à la neurologie ou encore aux cellules souches. 
<P>Ce dernier, créé en 1993, se classe désormais au 7e rang mondial par la taille. Son registre comptait en septembre 2009 près de 330 000 donneurs de moelle osseuse et le centre a déjà aidé 2 000 patients originaires de 27 pays à trouver un donneur compatible. 
<P>Les hôpitaux de la fondation Tzu Chi se sont spécialisés dans les transplantations d’organes et de moelle osseuse, la cardiologie, la chirurgie thoracique, le traitement des infarctus, la chirurgie orthopédique, la chirurgie spinale mini-invasive, la stimulation cérébrale profonde pour les patients atteints de la maladie de Parkinson et les bilans de santé de pointe. 
<P>De nombreux patients étrangers porteurs d’une maladie rare n’hésitent pas à se rendre à l’hôpital Tzu Chi de Hualien, note Lin Chin-lon. C’est là qu’ont été menées ces dernières années la séparation de deux bébés siamois philippins et l’ablation d’un cémentome gigantiforme, une tumeur dentaire rare, qui recouvrait le visage d’un jeune Indonésien. L’hôpital a également aidé deux frères souffrant du syndrome d’Hallervorden-Spatz, une affection neurologique rare, à marcher sans assistance. 
<P>Qui plus est, la fondation multiplie les programmes d’aide à l’étranger par le biais de l’Association médicale internationale Tzu Chi (TIMA), créée en 1996 pour améliorer partout l’accès aux soins et offrir des secours d’urgence en cas de catastrophe naturelle. Présente dans 11 pays, TIMA s’appuie sur 7 200 professionnels de santé et 3 700 bénévoles. Elle est venue en aide à plus de 3,2 millions de sinistrés. 
<P>Dotée de 30 membres à sa création en 1966, la fondation Tzu Chi s’est ainsi transformée en organisation humanitaire internationale, avec 345 antennes dans 47 pays, dans lesquelles s’investissent plus de 178 000 volontaires. «&nbsp;<EM>Nous espérons que notre exemple pourra influencer le corps médical à Taiwan et encourager d’autres institutions à emprunter la même voie</EM>&nbsp;», conclut Lin Chin-lon.</P></p>
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